LE MONDE du 14 mars 2012

Avis de manifestation historique chez les policiers de la DCRI

Il n’y aura pas de communiqué de presse, mais la nouvelle s’est répandue grâce aux bons offices du député (PS) Jean-Jacques Urvoas, sur Twitter: des policiers de la prestigieuse direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) s’apprêtent à manifester leur mécontentement, vendredi matin 16 mars, dans le hall du siège de la direction, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Un évènement inédit pour des fonctionnaires qui évoluent tous dans le secret-défense et la plus grande discrétion.

A la manoeuvre, la section du syndicat d’officier SNOP. Pour un responsable syndical, c’est un “ras-le-bol général” qui est en cause: “Cela fait des mois que ça bout.” Des problèmes de “gestion humaine”, dans une direction où “tout est opaque”. C’est la nomination d’un commissaire sorti d’école dans l’un des services, mardi, qui a déclenché l’ire des officiers. Pour les officiers, le choix d’un commissaire débutant plutôt que l’un des leurs témoigne du  manque de considération que la direction leur porte. La DCRI compte environ 140 commissaires, près de 10% de ce corps.

Le conflit entre officiers et commissaires – un classique du monde policier – a été relancé, ces dernières semaines, par la présentation au ministre d’un rapport sur une éventuelle fusion des deux corps. Le (très léger) rapport de l’Inspection générale de l’administration et de l’Inspection générale de la police nationale (composée uniquement de commissaires) rejetait tout projet de fusion – une revendication des syndicats d’officiers.

Mais le malaise vient aussi de la personnalité contestée du patron de la DCRI, Bernard Squarcini. Déjà mis en examen, en octobre 2011 par la juge Sylvie Zimmerman, dans l’affaire des fadettes des journalistes du “Monde”, M. Squarcini a récemment été mis en cause dans le  livre L’Espion du président, des journalistes Olivia Recasens, Didier Hassoux, Christophe Labbé (Robert Laffont). La publication de cet ouvrage a secoué la DCRI. L’accélération de l’enquête sur le cercle Wagram, affaire dans laquelle une des proches de M. Squarcini est mise en examen, commence aussi à déranger à Levallois-Perret. “Il y a une pression médiatique”, reconnaît un responsable syndical.

La DCRI, installée à Levallois (Hauts-de-Seine), est née d’un simple décret du 27 juin 2008 qui fusionnait la direction de la surveillance du territoire (DST, le contre-espionnage) et les renseignements généraux (RG). Elle a à sa charge la lutte contre l’espionnage étranger, la “répression des actes terroristes ou visant à porter atteinte à l’autorité de l’Etat”, la “surveillance des communications”, la surveillance des individus et groupes radicaux.

Réforme DCSP : à condition que…

Le SNOP-SCSI a participé le 16 février à la présentation d’un point d’étape du projet de la réforme DCSP. En un mot, il s’agit d’une simplification de l’organisation des circonscriptions,  de la réforme structurelle des services et de la création de districts. Ce projet de réforme s’inscrit naturellement dans un vocabulaire que vous connaissez bien : rationalisation, mutualisation, optimisation de la présence sur la voie publique… et dont vous mesurez chaque jour les conséquences dans vos services.

 Le SNOP-SCSI a d’ores et déjà fait de nombreuses remarques et observations concernant cette éventuelle réforme et vous pourrez donc lire en pièce jointe un compte rendu complet  de cette réunion.

 Mais pour le SNOP-SCSI, une chose est maintenant très claire. Ce type de  projet n’a aucun sens s’il  ne s’inscrit pas dans le cadre d’une réforme globale et profonde de la chaine hiérarchique dans la police nationale.  Il est  par conséquent inutile que les directions d’emplois  conceptualisent des projets structurants, si au plus haut niveau politique aucune réponse n’est apportée lors de la réunion sur le corps unique le 28/02 . En effet, il est inconcevable pour le SNOP-SCSI de laisser les cadres de la police nationale sans réponse claire, sans perspective et sans avenir.

 Le bureau national du SNOP-SCSI.

 

 

  Le compte rendu de réunion

IDENTITÉ JUDICIAIRE : OFFICIERS EN DANGER

C’est un courrier du Directeur Général de la Police Nationale à la composante “administratifs-techniques et scientifiques” du Syndicat Alliance qui met le feu aux poudres.

Sans aucune annonce préalable aux intéressés, ni débat, ni analyse, ni recul sur les évolutions de la mission de police technique et scientifique dans les services opérationnels, la DGPN s’engage auprès des personnels scientifiques pour “débarquer” les officiers de police chefs de service de SLIJ et SRIJ.

Certes rien n’est fait, sauf l’annonce de l’intention. Mais c’est déjà trop… les officiers de police ne sont pas la variable d’ajustement des intérêts des autres corps des fonctionnaires de la police nationale !

Le SNOP-SCSI se devait de réagir vigoureusement et rapidement, en alertant les officiers et en signifiant au DGPN sa totale opposition à ce projet qui méprise la position et le rôle des cadres de la Sécurité Intérieure dans le fonctionnement et l’efficacité de la filière IJ/PTS.

  Le tract

  Le courrier au DGPN