Archives par mot-clé : Police Nationale

Corps unique : le modèle allemand, logique, efficace, alors pourquoi pas chez nous ?

POLIZEI   S’il est toujours politiquement prudent de prendre des exemples en dehors de nos frontières avant de réformer à l’intérieur (!), le modèle allemand est souvent une référence enviée mais rarement égalée. Au point de faire figure d’épouvantail ?

C’est ce qu’on pourrait imaginer avec ce rappel de la structure hiérarchique et des carrières de la police germanique qui, depuis longtemps, a allié de façon pragmatique les idées de “potentiel” et “d’expérience” en organisant les cadres et directeurs dans un statut et un corps communs.

L’exemple est connu, le schéma est largement majoritaire dans les pays comparables, mais la France se distingue encore, préférant entretenir les dissensions internes, l’infantilisation et la perte d’efficacité, plutôt que de remettre en cause un statu-quo qui accuse quelques décennies de retard.

Redéploiements : le SCSI pose les vraies questions, éclaire les vrais enjeux

Dans une tribune ouverte par le journal Marianne, le secrétaire général du SCSI ne fait pas dans la langue de bois et remet en perspectives les véritables enjeux des redéploiements PN/GN comme il l’a déjà fait pour les opérations de restructuration des services. Modifier les situations existantes doit répondre à une cohérence, à des objectifs visibles. Réformer pour espérer en tirer un bénéfice dans 10 ou 15 ans, alors que dans le délai tout peut s’inverser, ne sert à rien. Traitons avec lucidité et ambition les enjeux dont on sait qu’ils traverseront le temps, et nous progresserons vraiment.

Réponse à l’UNRPG

Après avoir réagi  par communiqué de presse aux déclarations du représentant de l’UNRPG, principale association des retraités de la gendarmerie, le secrétaire général du SCSI a voulu rafraîchir cette mémoire sélective qui consacre son temps à discréditer la police nationale et lancer des polémiques stériles. (Voir le courrier ci dessous).

Le lobbying  permanent exercé  par le biais de ces multiples associations et l’utilisation détournée de la réserve citoyenne de la gendarmerie pour recruter massivement tous les élus locaux et  parlementaires en charge de  la sécurité ou de postes stratégiques devra  faire l’objet d’un débat démocratique. La transparence doit être totale dans notre République et le SCSI  va donc demander que la liste « secret d’État » des officiers de la réserve  citoyenne (composée de 579 officiers, 34 sous–officiers et un militaire du rang !) destinée « à promouvoir l’Arme »  soit communiquée, afin qu’à  l’avenir le travail parlementaire en matière de sécurité ne puisse souffrir d’aucune contestation ou conflit d’intérêt. De nombreuses critiques ont été formulées par des parlementaires et des militaires sur cette forme particulière de réserve, et des réflexions engagées pour en éviter les dérives. Le SCSI souhaite que ces réflexions conduisent à une réforme nécessaire de ce dispositif, notamment depuis l’intégration de la gendarmerie nationale au sein du ministère de l’intérieur.

Le bureau national du SCSI.           

 

PN/GN : Réponse à un élu “à l’Ouest”…

Après l’annonce des projets de redéploiements, le Maire de Plérin exprimait dans les colonnes de Ouest-France du 30 janvier une surprenante objection : selon lui il faudrait 2 ou 3 policiers pour faire le travail d’un gendarme !

Provocation ? Résultat malheureux du lobbying militaire auprès des élus ? Ou encore simple méconnaissance ? Dans un esprit de responsabilité, le secrétaire zonal Ouest du SCSI, Yannick Le Barre, a choisi l’hypothèse basse en exerçant son droit de réponse :

DROIT DE RÉPONSE

Monsieur le Maire de Plérin méconnait visiblement le fonctionnement des services de la police nationale : la réalité est que ces services sont ouverts et fonctionnent H24, contrairement aux brigades de gendarmerie qui, la nuit et les WE, ne sont ouvertes que par roulement.

Cela demande évidemment un peu plus de personnel, mais permet une disponibilité et une réactivité supérieures, avec davantage de personnel sur le terrain et des délais d’intervention plus courts. Les policiers ne travaillent pas moins que les gendarmes, ils travaillent différemment. Est il besoin d’ajouter qu’en outre un gendarme coûte 25% plus cher qu’un policier sans parler du logement dont il bénéficie ?

Affirmer qu’il faudrait 2 ou 3 policiers pour un gendarme est donc totalement fantaisiste et vexant pour les policiers qui exercent leurs métiers dans un contexte généralement plus difficile.

Pour autant, comme Monsieur le Maire, si ce transfert de compétence devait avoir lieu nous serions très attentifs à ce que le service rendu à sa commune en termes de sécurité ne diminue pas, et que les moyens humains et matériels correspondants soient effectivement fournis par le ministère de l’Intérieur.

J’observe à cet égard que Monsieur le Maire était visiblement prêt à investir beaucoup pour créer une nouvelle implantation de Gendarmerie à la Croix-Lormel, et espère qu’il sera tout aussi disposé à faciliter l’installation et l’action de la police nationale.

Enfin, nous partageons son analyse sur la nécessité que ce type d’opération n’aboutisse pas, sur les communes qui passent de la police à la gendarmerie ou inversement, à devoir renforcer les polices municipales. L’État doit absolument assurer sa mission régalienne en affectant les moyens nécessaires en tous points du territoire national.”

Yannick LE BARRE Délégué zonal OUEST du SCSI

REDÉPLOIEMENTS : OPÉRATION PERDANTE !

Même en s’y attendant, l’annonce de nouveaux redéploiements entre PN et GN amène son cortège d’incohérences et signe un nouveau recul pour la police nationale, et notamment pour ses officiers. La question n’est pas tant celle des territoires qui passent de l’une à l’autre que celle des contenus de ces territoires.

Car en pratique, pour la PN ce sont autant de postes de chefs de service de plein exercice perdus pour les officiers, autant de savoir-faire et de polyvalence propres à ces services qui se perdent, autant de diversité des services qui se réduit, autant d’horizons professionnels qui se bouchent, autant de lieux d’affectation qui disparaissent, autant de postes n’obligeant pas à un mode de vie et un mode professionnel hyper-urbains qui sont perdus pour l’ensemble des fonctionnaires de police, autant de policiers qui devront quitter leur logement, dont les conjoints devront renoncer à leurs emplois, …

Inversement, pour la GN se sont autant de postes à responsabilités gagnés pour leurs officiers, autant de nouveaux champs professionnels qui s’ouvrent, autant de zones aux caractéristiques nouvelles qui viennent enrichir la palette des affectations, autant de débouchés qui se présentent, autant de lieux d’affectation supplémentaires de gagnés, autant de logements qu’il faudra mettre à leur disposition,…

Le constat est sans appel : la police nationale et les policiers sont systématiquement perdants dans ces opérations.

Le SCSI l’a déjà dénoncé et le fera encore : ces redéploiements appauvrissent la police nationale en restreignant son champ d’action aux grands centres urbains, porteurs de contraintes personnelles, familiales et professionnelles importantes. Les savoir-faire et la polyvalence se perdent, tandis que les policiers sont peu à peu condamnés à exercer dans des structures atteintes de gigantisme, dans des conditions professionnelles et familiales dégradées, fatalement exposés aux difficultés de logement et de transport… toutes contraintes auxquelles échappe la gendarmerie !