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La PNIJ prend son temps…

La PNIJ n’a pas fini de faire parler d’elle, ni de faire écrire : ses dysfonctionnements à répétition, son budget qui s’envole, et sa mise en service finalement reportée sine die, peut-être courant 2017…

Par décret du 23 décembre 2016, la date fatidique du 1er janvier 2017 fixée dans la loi comme devant rendre obligatoire le recours à cette seule plateforme pour tous les services judiciaires a donc été renvoyée à plus tard.

Par courrier conjoint du 28 novembre, l’Union Syndicale des Magistrats (USM) et le SCSI avaient saisi le PDG de THALES pour confirmer, directement, les bugs récurrents et inacceptables de la PNIJ pour la sécurité des enquêtes et la manifestation de la vérité. La réponse du Groupe THALES rappelle certes les contraintes techniques et l’évolution du contexte pour justifier une mise en service différée, mais le problème demeure et les enquêteurs doivent encore “jongler” entre les différents prestataires, sans garantie absolue de fiabilité des réponses ! Les objectifs de prestations rapides, sûres et à moindre coût ne sont pas encore atteints…

C’est ce que conclut le dernier article du journal LE MONDE consacré au sujet, qui dresse un tableau peu flatteur de ce grand projet…

 

décret “PNIJ” du 23 décembre 2016     Courrier conjoint USM-SCSI à THALES

Réponse du Groupe Thalès      Article PNIJ dans LE MONDE

 

Paris, le 14 novembre 2016

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

 QUI VEUT GAGNER DES MILLIONS … DE PROCÈS-VERBAUX EN PLUS ?

 

Les promesses d’allégement de la procédure à peine annoncées que déjà une nouvelle couche de lourdeurs chronophages et de procès-verbaux vient se rajouter  au quotidien des enquêteurs :

Parmi les dispositions de la loi du 3 juin 2016 renforçant la « Lutte contre le crime organisé, le terrorisme et leur financement et  améliorant l’efficacité et les garanties de la procédure pénale » entrant en vigueur dès le 15 novembre prochain, figurent :

  • L’élargissement de la présence de l’avocat aux opérations de reconstitutions d’infractions et de présentation pour identification à victime ou témoin. En effet, aux termes du nouvel article 61-3 du CPP,  le droit à l’assistance d’un avocat lors d’une reconstitution d’infraction ou d’une séance d’identification
  • En plus du droit d’information d’un tiers dont bénéficie une personne gardée à vue ou retenue (article 63-2 I du CPP), la loi crée le droit de communiquer avec une personne avec laquelle elle vit  habituellement ou l’un de ses parents en ligne directe, l’un de ses frères et sœurs ou son curateur ou son tuteur, l’employeur, l’autorité consulaire. Cette communication se fera par téléphone, par écrit ou à  l’occasion d’un entretien ne pouvant excéder 30 minutes sauf si ce  contact est incompatible avec la mesure en cours ou s’il est  susceptible de provoquer la commission d’une infraction.  Pour répondre à ce besoin, il convient de recueillir la réponse du gardé à vue sur son souhait de communiquer avec une personne dans le  PV de notification de début de garde à vue. Ce droit reste toutefois  limité à un seul tiers.

Où va-t-on s’arrêter ?  Après cet appel à un ami, le  gardé  à vue aura-t-il droit de faire appel au public ou au 50/50 dans la prochaine loi ?  … Les locaux de garde à vue vont-ils se transformer en standard téléphonique?  Qui peut croire que de nombreuses  enquêtes ne vont pas  être mises-en péril par la divulgation d’informations ?

Déjà, le 26 septembre 2014, le SCSI (majoritaire chez les cadres de la police nationale ) et l’USM ( Majoritaire chez les magistrats)  avaient manifesté devant le palais de justice de Paris pour alerter  l’opinion en se demandant qui voulait tuer le judiciaire.

Le SCSI écrivait  « En France aujourd’hui, à dix mille lieues des héros des séries télévisées, les policiers des services judiciaires sont en deuil. Année après année, réforme après reforme, ils sont noyés sous les contraintes, la paperasse, les transferts de charges constantes du ministère de la justice (convocations, gestion des scellés, justice de proximité….). Ils se sont transformés en scribes juridiques, coincés derrière leur clavier et écran, utilisant un  logiciel suranné, cantonnés à des tâches administratives et harcelés par les demandes statistiques ».

Nous savons aujourd’hui qui veut tuer le judiciaire : ce sont les  pouvoirs publics successifs qui en alourdissant et complexifiant les enquêtes à l’infini,  jettent chaque jour des pelletées de terre sur son cercueil, au détriment de l’efficacité de l’ensemble du processus  pénal et de la sécurité de nos concitoyens.

Le SCSI-CFDT.

CONTACT PRESSE :

Jean-Marc BAILLEUL, Secrétaire Général du SCSI-CFDT : 06 75 04 13 59

Christophe ROUGET, Chargé de communication du SCSI-CFDT : 06 83 97 90 58

La PNIJ prend toujours l’eau…

Perte de données, problèmes d’authentification… la Plateforme Nationale des Interceptions Judiciaires, qui doit devenir le dispositif unique des enquêteurs au 1er janvier 2017, n’est toujours pas au point. Le SCSI dénonce « les plantages à répétition » de la PNIJ dans l’article de Libération que vous pourrez découvrir ci-dessous.  Le SCSI a saisi les ministres de la Justice et de l’Intérieur.

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